« L’ordre de Malte est la plus vieille institution humanitaire au monde. » C’est par ces mots que l’ambassadeur de l’ordre souverain de Malte à Beyrouth, Charles-Henri d’Aragon, décrit l’organisme dont il est le représentant au Liban.

Présent dans le pays depuis les années 50 à travers plusieurs centres médicaux et sociaux, l’ordre de Malte n’a de cesse de travailler au service des personnes les plus vulnérables parmi la population libanaise et, plus récemment, parmi les réfugiés syriens ou irakiens. « La présence des réfugiés est un fardeau pour le Liban. Alors, si nous pouvons l’aider à porter ce fardeau… » lance-t-il, avant d’ajouter : « Nous accueillons les gens qui ont besoin de soins sans leur demander leurs origines. »

Né au temps des croisades, l’ordre de Malte a abandonné son travail militaire après la Révolution française pour se consacrer uniquement à l’humanitaire. Il dispose aujourd’hui d’une organisation interne proche de celle d’un gouvernement ainsi que d’une représentation diplomatique à travers une centaine de pays, dont le Liban.

« Notre activité essentielle se concentre dans les centres de santé répartis sur une partie importante du territoire libanais », indique l’ambassadeur. L’ordre de Malte œuvre au Liban à travers neuf centres médico-sociaux (Kobeyyate, Khaldieh, Barqa, Chabrouh, Zouk Mikaël, Aïn el-Remmané, Bhannès, Kefraya, Siddiqine et Yaroun), plusieurs structures pour personnes du troisième âge (Aïn el-Remmané, Zouk Mikaël, Kefraya, Roum), quatre unités médicales mobiles, une antenne médicale fixe à Aïn Majdalain (Sud), un centre d’accueil pour personnes handicapées à Chabrouh et deux centres thérapeutiques à Bhannès.

« Les personnes qui viennent dans nos centres médicaux sont accueillies par les assistantes sociales et, au vu de la situation de chacun, certaines peuvent avoir accès à la gratuité totale des soins et des médicaments tandis que d’autres sont amenées à payer une somme bien inférieure au prix du marché », indique Charles-Henri d’Aragon.

Si la gestion des centres est confiée à des congrégations religieuses chrétiennes, le centre de Siddiqine, lui, est tenu par les dames de la fondation Moussa Sadr. « On les voit dans le centre avec le voile et la croix de l’ordre de Malte sur la poitrine. Je pense qu’il y a là un message important à faire passer », souligne l’ambassadeur.

Au plus proche des gens
L’ordre de Malte ne se contente pas uniquement de fournir des soins médicaux, il vient en aide aux populations locales à travers des programmes d’aspect social. À Kobeyyate, une quarantaine de femmes viennent travailler tous les jours dans un atelier de couture spécialement créé pour elles. « L’idée est d’aider les gens à pouvoir rester chez eux. En faisant de la couture, ces femmes ont un salaire qui leur permet de ramener un peu d’argent à la maison et de pouvoir continuer à vivre dans leur village », explique-t-il.

Les personnes du troisième âge ne sont pas oubliées non plus. « Autrefois, on vieillissait en famille. Aujourd’hui, avec le départ des jeunes, les plus vieux se retrouvent seuls. Nous essayons de les sortir de leur solitude, dans le cadre de journées organisées dans nos centres où ils peuvent rencontrer d’autres personnes », déclare l’ambassadeur.

Dans le centre pour handicapés de Chabrouh, chaque année de jeunes Européens prennent en charge un handicapé qui vient de l’hôpital de la Croix pendant une semaine. Le programme « Caravan » permet par ailleurs à des jeunes venant d’Europe de passer dix mois au Liban, prenant des cours à l’Université Saint-Joseph le matin avant de se consacrer à l’aide sociale à l’hôpital de la Croix le soir.

Donations et subventions
« Une partie de mon activité consiste à essayer de sensibiliser les potentiels donateurs à l’intérêt d’aider le Liban », confie Charles-Henri d’Aragon. En effet, le travail de l’ordre de Malte est financé par les donations de ses chevaliers ou par les subventions d’institutions ou d’États ralliés à sa cause.

« Nous avons reçu des subventions du gouvernement italien qui a contribué à la mise en place du centre médical de Kefraya. Le gouvernement allemand a par ailleurs financé une unité médicale mobile à Kobeyyate et il participe à la mise en route de l’hôpital de Deir el-Ahmar, indique l’ambassadeur. Nous avons par ailleurs reçu des aides du gouvernement français, du Sénat et du ministère français des Affaires étrangères ainsi que de mécènes tels que la Fondation Pierre Fabre, qui a financé l’unité médicale mobile de Kefraya, ainsi que le centre médical de Khaldiyé. »

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