
Chers Amis du Liban,
Chers Donateurs,
Juin 2026
Au mois d’avril dernier, alors que le Liban entrait dans sa cinquante et unième année de guerre, est arrivé un épisode inédit de violence : le mercredi noir du 8 avril 2026 qui restera gravé dans la mémoire des Libanais.
En pleine journée et sans aucun avertissement préalable, un déluge de feu s’est abattu sur Beyrouth et tout le pays. En dix minutes, une cinquantaine d’avions de combat israéliens ont lâché leur cargaison de bombes sur Beyrouth, dans la Békaa et au Liban-Sud. Le bilan s’est rapidement mué en hécatombe : plus de 350 tués, plus de 1000 blessés et des dizaines de victimes sous les décombres, des immeubles civils pulvérisés et d’innombrables familles décimées. L’ampleur de ces frappes sur Beyrouth équivaudrait à 250 bombardiers sur Paris.
L’Europe est en guerre, le Moyen-Orient s’embrase, seule la voix de Léon XIV s’élève pour invoquer le retour de la Paix : « …on continue à crucifier, à anéantir la vie, sans droit et sans pitié. … Il suffit d’un peu de foi, … très chers amis, pour affronter ensemble, comme humanité et avec humanité, cette heure dramatique de l’histoire »
(11 avril 2026, lors de la veillée de prière pour la paix à la basilique Saint Pierre de Rome)
La situation actuelle au Sud Liban
Outre le nombre de victimes, ce qui choque bien davantage, c’est la violence des frappes et l’ampleur des destructions qui rendent impossible la reconstruction de la soixantaine de villages TOTALEMENT détruits au Sud Liban : plus de cent mille maisons ou immeubles d’habitations rasés.
Les fléaux s’amoncellent : population réfugiée dans son propre pays, chômage endémique, pauvreté qui privent les plus démunis des soins médicaux et hospitaliers.
La catastrophe humanitaire et sanitaire qui sévit dans le pays dépasse de loin les moyens de l’État libanais et du secteur hospitalier saturé pour gérer un million de déplacés, dont plus de 40 % sont des enfants.
La guerre actuelle est capitale pour l’avenir de la région, et surtout pour la chrétienté au Liban et en Orient. Si le Liban se sent dépourvu du soutien des Pays Amis, il fonde encore beaucoup d’espoir dans l’appui de la France et la prière de tous les hommes de bonne volonté.

Ambassadeur
Charles-Henri d’Aragon,
Président d’Honneur

Albert Kfouri,
Président
Ces villages du courage du Sud que nous soutenons :
Rmeich, Debel, Ain Ebel

Ces villages chrétiens sont un véritable modèle de résistance déterminée face aux soldats israéliens : en refusant de quitter leur terre et en empêchant les milices du Hezbollah de faire des incursions chez eux pour lancer leurs missiles à partir de leurs villages, sans armes, ils tiennent tête pacifiquement !
Mais leur courage, ils le payent au prix fort : la destruction de leurs ressources agricoles qui sont la source essentielle de leurs revenus, les malades qu’ils n’arrivent pas à hospitaliser car privés de corridor humanitaire permanent, les nuits sans sommeil depuis plusieurs mois à cause des bombardements, la peur des enfants et les décès par épuisement …
Cela fait maintenant trois ans que les familles de ces villages sont sans ressources car leurs oliviers ont été arrachés, les zones agricoles bombardées au phosphore ou rendues sciemment inaccessibles pour des raisons de sécurité.
Dans un tel contexte, ces familles ne peuvent plus s’acquitter des frais de scolarité pour leurs enfants.
MALTE LIBAN ainsi que ses partenaires au Liban, notamment l’association NAWRAJ dirigée et fondée par le docteur Fouad Abou Nader, soutiennent ces trois villages en apportant à la Congrégation des Soeurs Antonines les moyens de financer leurs deux écoles qui restent ouvertes et accueillent plus de 600 enfants tous les jours.
Les parents sont ainsi soulagés des frais de scolarité, les enfants peuvent continuer à mener une vie en apparence normale et les salaires des employés et professeurs sont versés.


Un point sur les scolarités
L’école est vraiment le ciment d’une apparence de normalité dans la vie de ces enfants, dans un environnement de guerre, et donc de stress et de peur. C’est elle qui leur permet de croire encore à la possibilité d’un avenir, comme tous les autres enfants. C’est aussi dans le cadre de l’école qu’ils se retrouvent pour des activités de détente, les fêtes organisées par les routiers et les scouts, les séances récréatives organisées par la FINUL …
Il faut donc que ces écoles restent ouvertes ! Et il est essentiel que les parents puissent continuer à y envoyer leurs enfants, même s’ils n’ont plus les moyens financiers d’en payer les frais.
Grâce à vous, pour certaines écoles, le financement a été complété à 100% jusqu’à la fin de l’année scolaire. Pour d’autres écoles, la totalité des scolarités n’est pas encore atteinte. Et il faut prévoir
la rentrée de septembre !
Aidez-nous à alléger l’angoisse des parents en leur assurant l’avenir scolaire de leurs enfants et en les soutenant dans leur résistance sur leur terre !
Sans école, rien n’est possible.

In Memoriam
Soutien indéfectible des villages chrétiens du Sud, Sœur Gérard est désormais pour eux un appui au ciel. En effet, épuisée, elle a rejoint la Maison du Père le 9 mai 2026.
Peu de jours avant son décès, elle encourageait fermement les habitants du village à résister. Lors de la fête de l’école qui avait rassemblé tout le village, d’une voix forte et déterminée, elle n’avait pas peur de dire : « Nous ne partirons de cette terre ni un mois, ni deux mois, ni trois mois ! Tous ici, nous sommes enracinés dans cette terre et jamais nous ne la quitterons ! »
Après 25 ans passés dans le Sud, à Nabatiyé, Rmeich et Debel, elle a eu beaucoup d’impact sur plusieurs générations en termes d’éducation, d’enseignement et de vie spirituelle. Avec générosité et humilité, elle s’intéressait aux soucis de toutes les familles et avait à cœur de trouver des solutions.
Pour cela, elle reste une page lumineuse de l’histoire de ces villages et un signe ineffaçable d’espérance. Dans son éternité bienheureuse il est certain qu’elle œuvre toujours pour ses chers villages du Sud.
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